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Enfants du Mékong 

par Laetitia Ceccaldi

« Grandir, c’est transformer ses souffrances en victoires. » Ce sont les mots de Juliet, jeune institutrice philippine vivant dans un village-décharge, dans le film de Jill Coulon, Grandir, sur les enfants parrainés par Enfants du Mékong.

Des mots percutants qui viennent faire écho aux parcours de nombreux enfants d’Asie du Sud-Est, pauvres et sans accès à l’éducation pour se sortir de la pauvreté : un cercle vicieux auquel s’attèle l’association Enfants du Mékong depuis plus de 60 ans, avec force et conviction.

A l’origine, en 1958, un dentiste français, René Péchard, habitée par le besoin d’aider les enfants dans la rue et ce principe : « Un enfant à l’école est un enfant de moins à la rue ». Aujourd’hui, 22 000 parrainages, avec en tout 60 000 enfants touchés par le soutien que l’association assure au quotidien. Ainsi qu’un label de transparence et d’efficacité, IDEAS. L’idée est brillante de simplicité : une personne de chez nous parraine un enfant de là-bas pour qu’il puisse aller à l’école.

Là-bas, les enfants pauvres de la campagne, par exemple, passent directement à la case rizière s’ils ne sont pas scolarisés. La renommée d’Enfants du Mékong permet aujourd’hui au directeur de l’école ou au chef de village de signaler à l’association que tel parent ne peut pas envoyer tel enfant à l’école. Une fois l’enquête effectuée, une fiche est envoyée au siège à Asnières. S’ensuit la procédure de parrainage. Si le filleul est un écolier, le parrain ou la marraine donne 28€ par mois, si c’est un étudiant, il ou elle donne 42€ par mois, le tout défiscalisé. Et ces quelques sous font toute la différence pour l’enfant concerné.

Pagna, Cambodgien de 17 ans, a compris le pouvoir de l’éducation. Sa maison familiale en bois et en paille n’ayant pas résisté à l’orage, ses parents sont partis travailler en Thaïlande et lui est venu vivre dans un foyer pour étudier et étudier encore, malgré l’éloignement des siens, la vie en communauté et la difficulté des leçons ; mais il ne s’en tient pas là : tous les weekends, il part à vélo dans un village voisin pour donner des cours de soutien gratuitement. « Sinon, ces enfants resteraient enfermés dans leur pauvreté, comme leurs enfants après eux et leurs petits-enfants » explique-t-il.

Sur place, le principal intervenant est un bénévole local nommé RP soit Responsable de Programme. C’est précisément cette personne, dédiée à la cause pendant plusieurs années de sa vie et très bien informée sur les coutumes locales, qui gère tout un programme de parrainage, c'est-à-dire 15 à 30 filleuls selon les cas ; elle est au cœur de l’action et en contact direct avec les jeunes plusieurs fois par mois.

Mais la bouche et les oreilles du siège et celui ou celle qui garantit la transparence financière, c’est le « Bambou » : jeune français.e volontaire qui donne un ou deux ans de sa vie à Enfants du Mékong en contrepartie d’une indemnité qui lui permet d’assurer sa mission. Clara Schricke, ex-bambou aux Philippines, explique : « Je devais vérifier que les quelques 400 enfants parrainés de ma zone assignée aillent bien à l’école et que la distribution des dons soit équitable. » Le Bambou audite donc le RP mais son rôle est aussi de « l’épauler et l’encourager ». Il l’accompagne jusque dans les familles, décide de l’acceptation d’un nouveau filleul dans un programme, de l’évincement d’un autre, répond aux questions des marraines et parrains en demande de nouvelles et trouvent des solutions aux problèmes qui se présentent…

« Ce qui fait que ça fonctionne, insiste néanmoins Clara, c’est que tout repose sur le Responsable de Programme local ». Cette expérience de 12 mois aux Philippines l’a « dépouillée » dit-elle. « Le regard de l’enfant qui ne veut pas de ta pitié t’oblige à être vraie… et présente. » Cette présence lui a permis de voir toute la générosité et la solidarité des philippins, et la misère sans issue aussi. « J’ai été interpellée par la dynamique de spéculation immobilière et son impact : la ville pousse les gens à l’extérieur, dans les franges, et fabrique des poches de pauvreté affreuses. » Ce fut le déclic. Et ce qui a fait que cette jeune femme de 20 ans rentre en France avec l’envie d’impulser des changements. Quatre ans plus tard, Clara n’a rien oublié des leçons de vie apprises là-bas et se nourrit encore de son expérience. « Je porte les Philippins dans mon cœur »… et notamment un petit Jasper de 12 ans dont elle est la marraine !

*NB : Il arrive que le Bambou soit assigné à un autre modèle d’action d’Enfants du Mékong : les foyers. Ces structures gérées localement accueillent des filleuls à problématiques ciblées ou qui résident trop loin de l’école – ils y vivent une vie de pensionnat.

 



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Enfants du Mékong 
5 Rue de la Comète
92600 Asnières-sur-Seine

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Horaires :
Du mardi au samedi 9:00 à 12:30
et de 14:00 à 18:00